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Priorités gouvernementales 2014-2016

Les priorités d’intervention du gouvernement retenues sur la période permettront d’accélérer le redressement économique et social d’Haïti, de structurer adéquatement son territoire, de réhabiliter graduellement son territoire et de renforcer l’état de droit. La réalisation des projets qui leurs sont associés, permettra de créer des « moteurs » de développement et de mettre en place un processus d’identification positive pour la population. Par ailleurs, la mise en œuvre de plusieurs projets découlant de ces priorités, s’appuiera sur la mise en place de véritables partenariats public-privé. Leurs importantes retombées permettront une dynamisation nationale, tant économique et sociale que politique.

Depuis le début du présent mandat présidentiel, une priorité a été accordée aux interventions post-séisme et à la mise en place de diverses mesures faisant partie du « paquet social » du gouvernement. D’importants efforts nationaux et internationaux ont donc déjà été consentis en la matière et d’autres le seront au cours des prochaines années. Pour les autorités nationales, il est primordial que l’ensemble des acteurs du développement d’Haïti, poursuivent la convergence de plusieurs de leurs efforts sur l’accroissement de l’accès aux services sociaux de base, notamment pour les plus démunis.

D’autres efforts de chacun des partenaires du développement d’Haïti ont bien entendu ciblé d’autres secteurs d’intervention. Afin d’atteindre des résultats à la hauteur des enjeux exprimés, les autorités nationales ont décidé d’accorder dès maintenant une plus grande priorité :

  • à la création d’emplois, qui est à la fois un vecteur premier de croissance économique, d’intégration sociale et d’allègement des pressions sur l’environnement, et qui nécessite la mise en place d’équipements et d’infrastructures elles-mêmes génératrices d’un grand nombre d’emplois;
  • à la protection et valorisation de l’environnement, pour assurer sa durabilité, accroitre ses attraits, améliorer le cadre de vie et réduire la vulnérabilité; et
  • au renforcement de l’état de droit, de façon à améliorer la gouvernance des services publics, à rapprocher les services des citoyens et à accroitre les capacités et l’autonomie locales.

Le gouvernement a donc fait le choix d’accroitre la valeur des investissements ciblant la mise en œuvre : 

  • de projets porteurs en termes : de protection et de valorisation des ressources naturelles; de réduction de la vulnérabilité environnementale du territoire et de la population; de croissance accélérée et équilibrée de l’économie; de réduction de la pauvreté; et d’accroissement de l’autonomie d’action de la population et des entreprises dans une société plus libérale et plus ouverte;
  • de projets structurants qui encouragent l’égalité hommes/femmes, la lutte contre l’exclusion sociale, l’amélioration des conditions d’habitat, la sécurité alimentaire et assurent une meilleure gestion du foncier et des risques et désastres;
  • de projets favorisant l’équilibre territorial et contrecarrant la centralité de Port-au-Prince à travers la mise en place de pôles régionaux et locaux de développement sur l’ensemble du territoire; et
  • de projets ayant de multiples effets de levier, générateurs de richesse collective et d’opportunités de développement individuel.

Le gouvernement de la République d’Haïti a retenu cinq priorités sur lesquelles il désire concentrer de nombreux efforts au cours des trois prochaines années. Ces priorités d’intervention sont :

  • l’éducation et le développement humain et social ;
  • l’environnement et l’aménagement du territoire ;
  • l’économie et l’emploi ;
  • l’énergie ;
  • et l’état de droit et la démocratie.

Leur mise en œuvre aura des impacts positifs majeurs, tant nationaux que régionaux et locaux :

  • sur la gouvernance d’ensemble du pays et l’augmentation des capacités d’intervention dans toutes les communes et sections communales du pays;
  • sur la structuration du territoire et la protection/valorisation des écosystèmes et des ressources naturelles;
  • sur l’élévation du niveau et des conditions de vie de la population et l’amélioration des conditions d’habitat de centaines de milliers de personnes; et
  • sur l’accès aux services sociaux. 

Pour cibler l’éducation et le développement humain et social, il faut à court terme : favoriser la scolarisation universelle à l’échelon fondamental et y généraliser les services de cantines scolaires; améliorer l’accès à la formation secondaire, professionnelle, technique et universitaire ; améliorer l’accès aux services de santé et lutter contre les maladies endémiques et les épidémies ; améliorer l’accès aux services sociaux pour les plus démunis ; mettre en place des infrastructures favorisant le sport et le loisir ; valoriser la culture et le patrimoine culturel ; et rénover l’habitat, notamment en y améliorant les infrastructures de base.

Pour cibler l’environnement et l’aménagement du territoire, il faut à court terme : mettre en place un réseau d’aires protégées ; assurer la protection et la mise en valeur des dix châteaux d’eau du pays ; restaurer des milieux naturels ; gérer les usages du bois ; assurer une utilisation ordonnée des territoires ; aménager les bassins versants ; construire des ouvrages de régulation des crues ; draguer régulièrement les rivières et canaux de drainage ; mieux contrôler l’exploitation des mines et carrières ; et réduire les sources de pollution et de nuisance.  

Pour cibler l’économie et l’emploi, il faut à court terme : lever les contraintes légales, financières et foncières à l’investissement ; poursuivre la mise en place des grands réseaux d’infrastructures et d’équipements productifs (transport ; énergie ; communication ; etc.) ; soutenir la modernisation du développement agricole et l’accroissement des rendements ; mettre en place des parcs manufacturiers/industriels ; contribuer au développement de l’offre touristique, incluant celui de l’écotourisme et de l’ethnotourisme ; et réaliser des projets à haute intensité de main-d’œuvre.

Pour cibler à court terme l’énergie, il faut à court terme: accroître les capacités de production de l’énergie électrique ; accroitre les capacités de transport de l’énergie électrique ; assurer une plus grande desserte de la population ; améliorer la commercialisation de l’énergie électrique ; réduire les pertes techniques et non techniques ; et développer des mesures incitatives pour l’utilisation d’équipements moins énergivores.

Pour cibler l’état de droit et la démocratie, il faut à court terme : assurer le fonctionnement optimal les institutions démocratiques ; entreprendre une réingénierie de l’administration publique ; réformer la fonction publique ; renforcer la justice et la sécurité publique ; renforcer les services déconcentrés de l’administration publique ; renforcer les collectivités territoriales ; et renforcer la société civile.

Par ailleurs, à court terme, il faut aussi améliorer la disponibilité et la fiabilité des données de gestion, tant techniques que financières. Par exemple, le référentiel géographique de base comporte de nombreuses incertitudes ; la localisation et l’état des infrastructures, équipements et services publics ne sont pas tous documentés ; la connaissance en temps réel des projets de développement récemment réalisés, en cours ou programmés, est loin d’être acquise ; et peu de coûts unitaires par infrastructure ou équipement sont disponibles pour programmer les investissements. Aussi, des efforts importants devront rapidement être consentis à ces chapitres afin d’accroitre  significativement la maitrise du développement.

 

Voir le Tableau présentant les objectifs généraux des priorités d’intervention du gouvernement sur la période 2014-2016